Habitat du poisson

Actuellement, une centaine de ZICO sont répertoriées dans la province et 75 d’entre elles sont situées en bordure du Saint-Laurent ou dans l’estuaire. Les poissons partagent leurs habitats avec les oiseaux de rivages, les oiseaux de mer et certaines espèces migratrices. La protection de ces habitats doit se faire avec une vision d’ensemble qui tend à intégrer les besoins de tous ces taxons.

Le grand héron et la plaine inondable

C’est au lac Saint-Pierre qu’on retrouve la plus importante héronnière en Amérique du Nord. On y retrouve également la plus vaste plaine inondable en eau douce au Québec. Ce n’est pas un hasard si le grand héron, un oiseau piscivore, vient nicher en grand nombre dans cette région. Au printemps, la plaine inondable constitue un site de reproduction et d’alevinage important pour de nombreuses espèces de poissons. Le grand héron y trouve une source de nourriture abondante pour lui et ses futurs rejetons.


GRAND HÉRON AYANT CAPTURÉ UNE PERCHAUDE
©Alain Sches,Québec couleur nature,
édition 2006

Les zostéraies : un lieu privilégié pour les poissons et un garde-manger bien rempli pour les oiseaux !

À L’Isle-Verte et à Gros-Cacouna, on retrouve des herbiers de zostère, réputés pour leur grande biodiversité. Ces sites constituent des milieux importants d’alevinage et d’abri pour de nombreuses espèces de poissons (ex. : éperlan, épinoches, plies) et d’invertébrés (ex. : crangons, littorines, gammares). Plusieurs espèces d’oiseaux fréquentent également le site pour s’alimenter. Les herbivores (ex. : oies, bernaches, canards barbotteurs) se nourrissent de plantes aquatiques, tandis que les échassiers piscivores (grand héron, bihoreau gris) pêchent et les limicoles s’alimentent de petits crustacés et d’autres invertébrés.


PLUVIER SEMIPALMÉ S’APPRÊTANT
À MANGER UN GAMMARE
© Daniel Limoges, Québec couleur nature,
édition 2008

 

Le fou de bassan et les eaux poissonneuses du Golfe

C’est à l’Île Bonaventure qu’on retrouve la plus importante colonie de fou de bassan en Amérique du Nord. Le fou y trouve un habitat pour se reproduire,  des falaises abruptes où il peut nicher, et une source de nourriture abondante grâce aux eaux poissonneuses du Golfe.


FOU DE BASSAN
© Gaétan Fontaine, Québec couleur nature,
édition 2006

Ces eaux attirent également les grands mammifères marins (ex. : rorqual bleu, rorqual à bosses, rorqual commun). Les eaux froides de la région hébergent plusieurs espèces de petits poissons se déplaçant en bancs, comme le capelan, le hareng et les lançons qui font le régal des baleines. Ces poissons sont une part importante de l’alimentation de ces grands cétacés et ils ne lésinent pas sur les efforts pour en profiter. Par exemple, à chaque année, le rorqual à bosse entreprend une grande migration pour venir se nourrir durant la saison estivale dans le Golfe du Saint-Laurent. Et les baleines ne sont pas les seules à être friandes de ces petits poissons. Plusieurs espèces d’oiseaux coloniaux, dont le fameux fou de bassan, viennent nicher chaque été près de la côte gaspésienne pour la même raison : le poisson !!!


RORQUAL À BOSSE PLONGEANT POUR S’ALIMENTER
© Christian Chevalier, Québec couleur nature,
édition 2006

 


  Protéger la biodiversité dans les ZICO  


GRÈBES À BEC BIGARRÉ
© Daniel Lemaire,
Québec couleur nature, édition 2007

Nature Québec désire, par le biais du programme ZICO, faire connaître l’habitat du poisson, l’importance de la faune ichthyenne au sein des ZICO limitrophes au fleuve Saint-Laurent, et la richesse de la biodiversité de ces milieux. Un programme de sensibilisation, de conservation et de mise en valeur de l’habitat du poisson et de la biodiversité dans les ZICO a été développé et intégré au programme ZICO afin d’élargir la vision du programme ZICO et de protéger la biodiversité retrouvée dans ces sites. Plusieurs projets de sensibilisation ont ainsi été réalisés. Par exemple, un bulletin électronique ZICO a été conçu et diffusé aux partenaires des ZICO à travers le Québec. Il contient plusieurs sections et une chronique sur la biodiversité dans les ZICO. En protégeant les ZICO, ce ne sont pas seulement les oiseaux qui en bénéficient, mais également toute la richesse et la diversité biologique du milieu, tels les poissons, les amphibiens, les reptiles et les mammifères !